Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : pas donné, mais cohérent si tu exploites vraiment la board
Design : sobre, efficace, mais pas fait pour frimer en terrasse
Matériaux et construction : du costaud, mais pas ultra léger
Durabilité : après quelques sorties, ça tient la route
Performance : à l’aise quand ça va vite et que ça penche
Présentation : ce que Burton promet, ce que j’ai vraiment ressenti
Points Forts
- Très bonne stabilité à haute vitesse et en pente raide
- Construction solide qui encaisse bien les sorties engagées
- Shape directionnel efficace en poudreuse et en grandes courbes
Points Faibles
- Board exigeante, peu adaptée aux débutants ou aux riders occasionnels
- Poids et prix assez élevés par rapport à des splits plus polyvalents
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Burton |
| Taille | 159 |
| Couleur | Noir |
| Matériau | Polyuréthane (PU) |
| Sport | Surf |
| Type de sport | Surf |
| Fabricant | Burton |
| Composants inclus | Résistant à l'eau |
Un split pour ceux qui aiment quand ça devient sérieux
J’ai ridé le Burton Family Tree Straight Chuter Splitboard pendant une bonne dizaine de jours de rando, avec un mix de sorties à la journée et deux petites missions sur deux jours. Je précise direct : je fais 1m80 pour un peu plus de 80 kg, plutôt profil freeride, j’aime bien aller vite et tirer des grandes courbes quand la neige le permet. Avant ça, je tournais surtout sur un split plus polyvalent, un peu plus souple, donc je sentais bien la différence en passant sur ce modèle plus agressif.
Concrètement, ce split est pensé pour ceux qui visent les pentes un peu sérieuses, les couloirs, les grandes faces bien ouvertes, pas juste la petite balade tranquille derrière la station. Dès les premières descentes, tu sens que la planche aime la vitesse, qu’elle reste assez posée sous les pieds. On n’est pas du tout sur un jouet joueur pour faire du flat ou tourner court dans les sapins. C’est plutôt un outil pour tracer propre et fort quand les conditions sont correctes.
Par contre, il faut être honnête : ce n’est pas une board « facile ». Si tu viens d’un split souple ou d’une board de freestyle, tu vas trouver ça un peu raide au début. Il demande un peu d’engagement, surtout quand la neige est compliquée, type trafolle gelée ou croûte. Mais quand tu commences à le comprendre, ça devient assez rassurant, surtout dans les pentes un peu expo où tu n’as pas envie que la board parte dans tous les sens.
Au final, cette intro résume bien mon ressenti : le Straight Chuter, ce n’est pas le splitboard pour tout le monde. C’est plutôt un truc pour ceux qui savent déjà ce qu’ils font en hors-piste et qui veulent un outil stable pour charger. Si tu cherches un premier split pour découvrir, il y a plus tolérant ailleurs. Si tu veux un truc qui tient bien la vitesse et les grandes lignes, là ça commence à devenir intéressant.
Rapport qualité-prix : pas donné, mais cohérent si tu exploites vraiment la board
On ne va pas se mentir : Burton, surtout sur la gamme Family Tree, ce n’est pas du matos d’entrée de gamme. Le Straight Chuter se place clairement dans la tranche haute en prix pour un splitboard. Donc la vraie question, c’est : est-ce que ça vaut le coup de mettre ce budget-là, ou est-ce que tu peux avoir aussi bien pour moins cher ? Pour moi, ça dépend vraiment de ton niveau et de ton programme. Si tu es un rider intermédiaire qui fait quelques sorties par saison, tu vas payer pour des capacités que tu n’utiliseras pas vraiment.
Si par contre tu es déjà bien à l’aise en freeride, que tu sors régulièrement en rando et que tu cherches une board stable pour charger, là, le prix devient plus logique. Tu paies pour une construction solide, un comportement très stable en pente raide, et un système de montage propre. Comparé à certains splits plus polyvalents et moins chers, tu gagnes en tenue à haute vitesse et en confiance dans les terrains engagés. Après, ce n’est pas gratuit, clairement. Il faut accepter de mettre le billet pour ce type de produit.
En termes de concurrence, il y a des splits freeride d’autres marques qui tournent dans les mêmes tarifs, parfois un peu moins chers, parfois un peu plus. Là où Burton se défend bien, c’est sur la cohérence de l’ensemble : shape, construction, système de channel, finition. Là où c’est moins avantageux, c’est si tu n’es pas déjà dans l’écosystème Burton (fix, habitudes de réglage, etc.) et que tu dois tout adapter. Ça peut faire grimper la facture globale.
Au final, je dirais que le rapport qualité-prix est « correct » pour un rider qui sait ce qu’il veut et qui va vraiment exploiter la board : grosses pentes, vitesse, terrain engagé. Pour un rider plus occasionnel, ou quelqu’un qui cherche un split plus tolérant et moins spécifique, c’est probablement trop cher pour l’usage réel. En clair : ça vaut le coup si tu rentres dans la case, sinon tu paieras pour du potentiel que tu n’utiliseras pas.
Design : sobre, efficace, mais pas fait pour frimer en terrasse
Niveau design, le Straight Chuter joue la carte du sobre. La couleur principale est noire, avec quelques marquages Burton assez discrets. Perso, j’aime bien : ça ne hurle pas « regarde-moi », et ça vieillit mieux que les boards très flashy qui se rayent et se délavent vite. Après, si tu aimes les graphismes bien visibles et les grosses couleurs, tu vas trouver ça un peu tristounet. Ça reste une question de goût, mais clairement, Burton a visé le rider qui privilégie la fonction au look.
Ce qui m’a surtout intéressé, c’est le shape et la répartition du volume. On est sur un shape directionnel, assez long en 159, avec un nose qui garde bien de la longueur pour la flottaison en poudreuse, et un tail plus court et plus ferme. En descente, ça se sent : la board aime être ridée en appui sur le pied arrière, surtout dans la pente ou en neige profonde. Par contre, en switch, ce n’est pas très naturel. Ça se ride, mais ce n’est clairement pas son terrain de jeu. Si tu cherches un split pour beaucoup de switch ou de tricks, ça ne colle pas trop.
En mode split, les deux skis ont une largeur correcte, ni trop fine ni trop large. Sur les traversées en dévers, ça reste stable, je n’ai pas eu l’impression d’être sur des allumettes. Les points de fixation pour les peaux sont bien placés, ça tient, ça ne se barre pas. Le système de channel pour les fixations, c’est pratique pour ajuster précisément le stance et l’angle, mais il faut aimer l’écosystème Burton ou avoir des fix compatibles. Si tu viens d’un setup plus classique à inserts, ça demande un peu d’adaptation, mais une fois réglé, tu n’y touches plus beaucoup.
En gros, le design est dans la continuité du reste : pas spectaculaire visuellement, mais pensé pour être pratique et orienté freeride. Le truc qui m’a plu, c’est le côté sobre et sérieux, qui colle bien à l’usage. Le point un peu moins cool, c’est que ça ne donnera pas forcément envie à ceux qui aiment les boards avec du caractère visuel. Mais pour moi, sur ce type de produit, ce n’est pas le critère principal.
Matériaux et construction : du costaud, mais pas ultra léger
Sur la fiche, on voit « Polyuréthane (PU) », « résistant à l’eau », mais en pratique, ce qui compte surtout, c’est le ressenti en main et sur le terrain. Quand tu prends le Straight Chuter, tu sens que ce n’est pas un split de rando ultra light. Le poids est raisonnable, mais ce n’est clairement pas le plus léger que j’ai porté. Sur les longues approches, tu le sens un peu dans les cuisses, surtout si tu es chargé avec un gros sac. Par contre, cette construction un peu plus solide se retrouve dans le comportement en descente : la board ne vibre pas trop, même quand la neige est un peu pourrie.
Après une dizaine de jours, niveau solidité, rien à signaler de dramatique. Pas de délamination, pas de gros éclats, juste quelques marques classiques de cailloux et de frottements, comme sur n’importe quel split qui a vraiment vu la montagne. Le topsheet tient bien, la semelle se répare normalement, rien d’inhabituel. Le chant ne m’a pas semblé fragile non plus. Je n’ai pas testé dans des conditions hyper caillouteuses de début de saison, donc je ne peux pas te dire comment ça réagit si tu tapes fort, mais pour un usage « normal » en rando freeride, ça m’a paru assez rassurant.
Le système de channel et les inserts sont bien intégrés, je n’ai pas vu de jeu ou de signes de faiblesse. Les parties métalliques pour le mode split (crochets, points de jonction) n’ont pas bougé, même avec plusieurs montages/démontages dans le froid. Ça paraît basique, mais quand tu dois passer vite du mode montée au mode descente, tu es content que ça ne coince pas ou que ça ne commence pas à prendre du jeu.
En résumé, côté matériaux, on est sur quelque chose de sérieux : ce n’est pas la board la plus légère du marché, mais ça donne un sentiment de solidité et de fiabilité. Le point fort, c’est la construction qui encaisse bien la vitesse et les terrains un peu rugueux. Le point faible, c’est que pour les gros dénivelés à répétition, ceux qui cherchent à économiser chaque gramme trouveront sûrement plus léger ailleurs, mais souvent au détriment de la sensation de solidité en descente.
Durabilité : après quelques sorties, ça tient la route
Sur la durée de mon test, je n’ai pas réussi à la mettre en défaut côté solidité. Pourtant, je ne l’ai pas ménagée : portages avec les skis qui tapent contre des rochers, transitions un peu bourrines avec les crochets, quelques passages sur neige dure avec des cailloux qui dépassent. Résultat : des marques normales sur la semelle, quelques rayures superficielles sur le topsheet, mais rien qui laisse penser que la board va vieillir mal. Les chants sont restés propres, pas de fissure ni de délamination visible.
Un point que j’observe toujours sur les splits, c’est la tenue des systèmes de fixation et des jonctions entre les deux parties. Là-dessus, le Straight Chuter m’a paru bien construit. Les crochets ne se sont pas desserrés, les vis n’ont pas bougé, et l’assemblage des deux skis en mode ride reste bien serré, sans jeu gênant. Même après plusieurs montages/démontages dans le froid avec de la neige coincée un peu partout, ça continuait à s’emboîter correctement. C’est bête, mais sur certains splits bas de gamme, ça devient vite chiant.
Autre point : la résistance à l’eau. Je n’ai pas vu de zones qui boivent l’eau ou qui gonflent, même après des journées bien humides avec redoux et neige lourde. La mention « résistant à l’eau » n’est pas juste pour faire joli. La planche sèche normalement, et je n’ai pas vu de traces suspectes autour des inserts ou des chants. Après, on parle d’une dizaine de jours, pas d’une saison complète, donc je ne peux pas te garantir ce que ça donne après 50 sorties, mais les premiers signaux sont bons.
Globalement, niveau durabilité, ça donne l’impression d’un split pensé pour encaisser plusieurs saisons de freeride si tu en prends un minimum soin (fart régulier, petites réparations de semelle quand il faut, etc.). Le point fort, c’est vraiment la sensation de solidité générale. Le seul bémol potentiel, c’est que cette construction un peu plus costaude se paye en poids. Donc si ta priorité numéro un, c’est un split ultra léger pour enchaîner les gros dénivelés, tu trouveras plus adapté, mais souvent moins rassurant dans le temps.
Performance : à l’aise quand ça va vite et que ça penche
Sur la partie descente, c’est là que le Straight Chuter montre clairement ce qu’il sait faire. Sur neige compacte ou poudreuse un peu travaillée, tu peux vraiment envoyer. La board reste stable, même quand tu prends de la vitesse. J’ai pu prendre quelques lignes bien droites dans des pentes assez raides, et je n’ai pas senti de flottement sous les pieds. Le nose ne bouge pas trop, le tail tient bien quand tu appuies pour freiner ou pour planter un virage bien tranché. Pour les grandes courbes appuyées, c’est franchement pas mal, tu sens que le shape est pensé pour ça.
En poudreuse, le nose long fait bien le job. Tu n’as pas besoin de forcer comme un malade sur la jambe arrière pour rester en surface, ce qui est appréciable sur les longues descentes. Par contre, dans la neige lourde ou la trafolle très marquée, la rigidité peut devenir un peu fatigante. La board ne pardonne pas trop les approximations : si tu es mal placé ou un peu en arrière, ça tape. Ce n’est pas une board qui gomme tout, il faut rester actif. Comparé à mon ancien split plus souple, j’ai senti que je devais plus « rider propre » pour en tirer le meilleur.
En montée, ça reste correct. Les skis sont assez stables en dévers, l’accroche avec de bonnes peaux est fiable, et la largeur n’est pas extrême, donc tu ne te sens pas avec des péniches aux pieds. Par contre, comme je disais, ce n’est pas un poids plume. Sur des journées au-delà de 1200–1500 m de dénivelé, tu sens que ça pèse un peu plus qu’un setup ultra light. Après, c’est le compromis classique : plus léger, souvent moins costaud en descente. Là, Burton a clairement mis le curseur côté performance à la descente.
Pour résumer la performance : si ton kiff, c’est les grandes lignes engagées, les couloirs un peu sérieux et les grosses journées freeride, cette board est cohérente. Elle demande un minimum de niveau technique et un peu de cuisse, mais derrière, tu as un comportement assez rassurant en vitesse et dans la pente. Pour un usage plus tranquille, rando cool, terrains faciles, tu n’exploiteras pas vraiment ce qu’elle sait faire, et tu risques juste de te trimballer une board un peu trop sérieuse pour ton programme.
Présentation : ce que Burton promet, ce que j’ai vraiment ressenti
Sur le papier, Burton vend ce Straight Chuter comme un split orienté gros terrain, inspiré par Danny Davis, avec un focus sur la vitesse, la stabilité et le ride agressif. On est clairement dans la famille freeride engagée, pas dans le jouet polyvalent pour tout faire. Le modèle que j’ai eu en main était en 159, couleur noire, avec le système de channel Burton pour le montage des fixations, et tout ce qu’il faut niveau inserts pour le mode ski. Bref, le setup classique Burton, mais en version split.
La board arrive dans une boîte assez robuste, rien de fou mais ça protège bien. À l’intérieur, c’est sobre : la planche, quelques éléments de montage, et c’est tout. Pas de gadgets, pas d’accessoires inutiles. Ça va dans le sens du produit : un truc assez sérieux, sans chichi. La fiche produit parle de matériau en polyuréthane (PU) et de résistance à l’eau, mais en vrai, en main, ça ressemble surtout à une construction classique de split haut de gamme, avec une finition propre et un topsheet qui n’a pas l’air trop fragile. Je n’ai pas eu de souci d’éclats ou de rayures profondes pendant le test.
Sur le terrain, la promesse « grandes montagnes, gros terrain » se vérifie plutôt bien. Là où la board est dans son élément, c’est : grandes pentes, neige relativement propre, vitesse. Tu sens que le shape est pensé pour rester stable quand tu appuies fort. Le talon tient bien, le nose ne part pas dans tous les sens, et ça reste directionnel. Par contre, pour jouer dans les petits reliefs ou faire des virages très serrés en forêt, tu sens vite que ce n’est pas son truc principal. Ça tourne, mais il faut un peu de jambe.
Si je résume la présentation de façon honnête : Burton ne ment pas sur la cible. C’est un split pour charger, pas pour débuter. Si tu te reconnais dans ce style de ride, la planche est cohérente avec le discours. Si tu cherches un truc plus facile, plus freestyle ou plus orienté rando tranquille, tu risques de trouver ça un peu exigeant et pas forcément adapté à ta pratique.
Points Forts
- Très bonne stabilité à haute vitesse et en pente raide
- Construction solide qui encaisse bien les sorties engagées
- Shape directionnel efficace en poudreuse et en grandes courbes
Points Faibles
- Board exigeante, peu adaptée aux débutants ou aux riders occasionnels
- Poids et prix assez élevés par rapport à des splits plus polyvalents
Conclusion
Note de la rédaction
Le Burton Family Tree Straight Chuter Splitboard, c’est clairement un outil pour riders qui aiment envoyer dans les pentes sérieuses. En descente, la board est stable, précise et rassurante quand tu prends de la vitesse ou que tu entres dans des couloirs un peu engagés. Le shape directionnel, le nose qui flotte bien et la construction plutôt costaude font que tu peux vraiment t’appuyer dessus. En montée, ça fait le job, même si on sent que la priorité n’a pas été de gagner chaque gramme possible. C’est un split fait pour ceux qui mettent la descente en premier dans leurs critères.
Par contre, ce n’est pas une board « facile ». Elle est un peu raide, demande un minimum de technique et de condition physique, et ne sera pas forcément agréable pour quelqu’un qui cherche un split joueur, polyvalent ou orienté découverte. Le prix est dans la fourchette haute, donc si tu ne rides qu’occasionnellement ou sur des terrains peu engagés, ce n’est pas le choix le plus logique. Pour moi, c’est une bonne option pour les riders déjà à l’aise en freeride, qui veulent un split sérieux pour les grosses sorties, et qui acceptent de sacrifier un peu de confort en montée pour avoir une vraie arme en descente.